Jusqu'où vont-ils aller ??

Qui ? Les capitalistes ? Ils ont eu peur en début d'année. Peur d'être un tout petit peu moins riches ! Mais ouf ! ça va ! Ils ont sauvé les meubles ! Z'ont trouvé le truc, ils font payer un peu plus d'impôts, ils licencient les salariés et préssurisent ceux qui restent, ils suppriment les acquis sociaux discrètement... Alors ça va, leurs dividendes devraient tout de même croître un peu cette année. Ho ! Ce ne sera pas la meilleure année mais ça va... C'est que vous comprenez, il faut qu'on prenne soin des riches, il n'y aura bientôt plus qu'eux pour consommer.

La classe moyenne, vous et moi, pendant ce temps s'enfonce. Lentement certes. Mais toujours sur le fil à risquer de tomber. ça fatigue.

Jérémy et Valentin échappent à la totale précarisation parce qu'ils ont des parents. Moi j'ai un mari qui me nourrit. ça va. Personne n'est sous les ponts, personne n'est encore tombé trop bas. Mais là où sont nos enfants (à part Alvin qui s'en sort bien), je ne sais pas si un jour ils pourront se hisser au petit niveau de vie que nous avons atteint nous !

Hier j'étais convoquée à mon fameux entretien d'embauche. Là où Alvin m'avait dit de ne pas aller. J'y suis allée pour le fun. Et c'était aussi croustillant que je le pensais ! Sur mon 31, toute vêtue de ma couleur fétiche, maquillée et coiffée comme miss monde 1940, je partais découvrir ce nouvel emploi qu'on me proposait... Après un temps d'attente raisonnable, juste histoire de montrer qui est le patron, que je suis une merde de quémandeuse de job, et que l'on a pas à être poli avec moi, apparait la "gérante" de l'entreprise. A peu près l'age de Jérémy, blouson de cuir et converse... Une coiffure artistiquement négligée. Le genre fille à Papa qui a monté sa boite...

Primo le salaire ! 1500 euros brut par mois pour 39 h par semaine ! Donc y compris 4 heures supp...

Les horaires ensuite ! 9 h à 18h30 (au mieux me précise la gérante, étant entendu qu'on ne quitte jamais à l'heure car il y a plein de travail !!!) " Vous payez les heures supplémentaires ?" demandais-je innocemment. " Heu non non ! " me répondit-elle surprise que je me permette une telle remarque...

Ensuite elle me demande si j'ai une voiture. Quelle question, leur boite est dans une zone industrielle à tellement bas coût que sans voiture de toute façon je n'aurais eu aucun moyen de l'atteindre ! Donc je réponds oui, mais j'ajoute (on ne me la fait plus) pourquoi ?? Et elle m'explique qu'ils veulent quelqu'un de véhiculé (ben tient pour le prix qu'ils paient c'est bizarre qu'ils n'exigent pas une mercédes !) parce que lorsque qu'une intervenante est absente inopinément (intervenante = femme de ménage ou nourrice) je pourrais être amenée à me déplacer et à la remplacer donc... Voire également à transporter les intervenantes d'une mission à l'autre lorsqu'elles ne sont pas "véhiculées"... Ben voyons et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu !!

Mais, toujours maitresse de moi, je continue à sourire et à faire semblant d'être affable et intéressée par le poste... Après m'avoir expliqué le boulot, gérer les plannings de 80 personnes, faire les contrats de travail, les démarches administratives, le classement, gérer les situations conflictuelles avec les clients et les intervenantes ect... Elle me demande si j'ai des questions. Et moi de mon plus beau sourire, et de ma plus douce voix je lui demande : "Y a-t-il une mutuelle ? Y a-t-il des chèques restaurants ? Y a-t-il une prime de fin d'année ou un treizième mois ? Les frais d'utilisation de notre véhicule personnel sont-ils remboursés ? Y a-t-il des RTT ?" Ben oui, parce que sur le boulot de secrétaire j'ai pas de questions hein, j'ai fait le tour de la question depuis le temps ! Je sais qu'il s'agit de savoir tout faire, de le faire, vite, bien et pour pas cher. Je sais qu'on sert de paillasson au patron, et éventuellement à son entourage proche, je sais que je dois faire à moi seule le boulot de 3 ou 4 personnes autrefois, et je sais aussi que je peux le faire, que je suis capable de m'adapter n'importe où, d'apprendre n'importe quoi, pour peu qu'on m'explique correctement ce que j'ai à faire. Mais ce qui m'intéresse c'est la façon dont on va me traiter, et comment on va me remercier pour le boulot accompli...

Elle a répondu " Non, non" d'un air outragé à toutes mes questions !

Mais comme les candidates doivent toutes lui filer entre les pattes, elle m'a tout de même demandé si j'étais prête à commencer lundi prochain ! Et en souriant, je me suis levée, et je lui ai dit : Non, non d'un air amusé !

Oui, j'ai de la chance, je n'ai pas encore assez faim, pas encore assez de problèmes, pas assez perdu mon sens de l'honneur pour accepter un boulot à ces conditions.

Mais cela ne durera pas. Et pour une Moune qui peut refuser, combien acceptent et dépriment parce que les employeurs les prennent pour des esclaves ???



20/10/2009
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