Rattrapés par l'Histoire

Les quinqua ont connu la quiètude, l'ascenseur social, l'union de la gauche, l'espoir de l'an 2000.

Oui, je veux dire que lorsque j'étais petite, on  était 20 ans après la seconde guerre mondiale. Mine de rien. Juste 20 ans.

Les gens étaient contents. Ils savaient de quel enfer ils venaient. Ils voyaient le progrès social et technologique changer leur vie. Mais pas trop. Juste pour du mieux.

Leurs enfants allaient à l'école, pouvaient devenir "col blanc", trouvaient du travail et devenaient propriétaire de leur  logement... Se mariaient. Faisaient des gosses "rois" pour lesquels tout se jouaient avant six ans.

Quand j'étais petite on rêvait l'an 2000. Société de loisirs et d'abondance. De douceurs, de bonheur, d'harmonie...

 C'était compter sans la folie des hommes. De quelques hommes. "L'individualisation des gains, la mutualisation des pertes" aura raison des rêves. De nos rêves. De ceux de nos enfants.

Pendant ce temps, Ils jouent à Strasbourg ou à Londres,  Ils prennent des poses pour les photos, ils comparent leurs rolex, échangent des adresses d'hôtel pour les vacances, ou de bottiers qui leur font des chaussures sur mesure... Mais ils nous expliquent qu'ils font l'histoire. Qu'ils passeront à la postérité pour avoir changé le monde. Mais que changeront-ils ? Que peuvent-ils changer ? Que veulent-ils changer ? Les règles du jeu d'une partie qu'eux et leurs proches ont gagnée depuis longtemps ? On les protège tellement du monde que l'on peut se demander s'ils en entendent encore les échos ? S'ils savent ce que ça peut faire d'aller acheter des yahourts périmés pour ses enfants, ou d'aller au resto du coeur après une longue vie de travail parce que la retraite est insuffisante... Ces gens ont perdu le sens commun, la valeur des choses, ne connaissent notre vie que par les rapports que l'on leur en fait... Et notre destin est entre leurs mains !

Nous allons entrer dans un autre monde, entrer dans l'histoire. Il faut trouver la force d'en être acteurs.  Il faut promouvoir un autre modèle d'organisation de la société, rétribuant mieux le travail, fondé sur la liberté, la créativité, l'égalité des chances, la solidarité, la proximité, l'éducation…. Bref, un modèle fondé non plus sur l'« avoir », c'est-à-dire la possession, mais sur l'« être ».

 



04/04/2009
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